
Marco Ema, Leone Volta et Héron sont tous des artistes qui ont joué ensemble et le vendredi 27 octobre ils ont présenté leurs projets respectifs. Pour Marco Ema, c’était son deuxième album et, pour Leone Volta et Héron, c’était leurs premiers EPs. « On s’est même pas parlé pour nos sorties » dit Anthony Cayouette, alias Leone Volta, comme si c’était le destin entre amis. ✨✨
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Paysages parallèles – Leone Volta
Prends un instant pour te baigner dans tes pensées, pour soupirer et t’allonger dans les émotions douces qui coulent, et pour regarder le vide. C’est ça qui est évoqué dans les chansons de Paysages parallèles, notamment avec Perdu (qui je suis) et Rêve.
Décombres a du mystère (Elle ne croit plus aux fantômes/ Elle sait très bien que si le jour se lève/ Elle aura su trouver où se cachent ses rêves quand elle s’endort) et, lorsque le rythme s’intensifie, on a l’impression d’être agité et perdu pendant la nuit.
Mathilde, qui est à la fois ludique et classiquement familière, ressemble au conte de fée avec l’horreur cachée parmi la magie. L’instrumentation, avec les touches orchestrales, augmente avec le drame tandis qu’il demande Mathilde où es-tu/ Je t’ai cherché dans la rue/ Il faisait noir/ Je n’aurais pas su te voir/ Toujours disparue belle Mathilde.
L’EP termine avec Danse, qui est une chanson triste et aérienne, très solitaire dans son ambiance mais avec un air de magie produit par les synthés. Vers la fin, les mots Ils sont nombreux les gens qui passent/ derrière toi/ derrière moi sont répétées a capella avant que le piano, les synthés et le violon réapparaissent.

En septembre, Leone Volta a fait partie de Nico Fest à Turbo Haus, à Montréal, commençant la soirée avec un set intime. Il était seul sur la scène avec ses instruments et ses pédales, il a joué de manière expérimentale et improvisée. La chanson Danse était introduite, créant un moment rêveur avant les choses plus bruyantes des autres artistes qui ont joué à cet événement-là.
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Fontaine – Héron
Le soleil brille légèrement derrière la brume, un matin frette mais calme. L’hiver arrive, peux-tu le sentir? Héron est le nouveau projet de Henri Kinkhead et, inspiré par le folk et le patrimoine québécois, écouter les chansons est comme se perdre dans un livre d’histoires folkloriques, un chocolat chaud dans les mains.
Les références à la nature sont partout, par exemple dans Je veux être une rivière et ses paroles telles que Pourquoi dehors/ Les hommes jouent à la guerre / Je veux être une rivière/ Pour me jeter dans la mer et dans Little Boy qui a une énergie folk pop comme l’innocence d’un enfant qui court dans les champs. L’hiver/ Mattawa utilise la musique d’En fumant ma pipe de Jean Cousineau et Mattawa de Richard Forest, le violon en pleine force, et personnifie l’hiver pour que la saison semble plus amusante. Les phrases, par exemple L’hiver est un monstre/ Qui nous ronge les jointures jusqu’au sang/ Péniblement et Dans la nuit qui s’allonge/ Le blizzard crie plus fort que les amants/ Passionnément, traînent comme des empreintes sinueuses dans la neige fraîche.
Fontaine, la chanson titre, est poétique et réconfortante avec une énergie joyeuse malgré le désordre qui se déroule: Ils ont vidé la fontaine de l’amour/ Où on buvait avant/ Ils ont posé des barbelés autour/ On fait quoi maintenant? Elle représente l’espoir qu’on peut trouver dans les catastrophes et le malheur.
Une question posée à Henri: Y a-t-il des références spécifiques ou des choses que tu peux recommander pour mieux connaître le folklore et le patrimoine québécois? La réponse:
« Pour moi, la meilleure façon de découvrir le patrimoine québécois a toujours été la musique. Comme j’aime beaucoup le trad instrumental, j’ai vraiment accroché sur le mini-album Septembre de Genticorum »
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Anyway, mommy love – Marco Ema
Si chacune de ces sorties représente une façon de raconter les histoires et de mieux comprendre nos émotions, Paysages parallèles est le rêve, Fontaine est le livre et Anyway, Mommy Love est le film. Les aspects cinématographiques qui se trouvent dans Cinéma Paradiso sont entendus dans Karaoké, Feelings 1 et la fin de Blank et il y a l’équilibre entre l’instant présent (l’énergie et la production de Buzz, Boys et Cool et Branchée) et la nostalgie qui capture bien les sentiments familiers.
Dans cet album, Marco Ema affirme que c’est bien de montrer la vulnérabilité, par exemple Je m’excuse si j’ai l’air de bien aller/ Si tout autour de moi me rend un peu plus fort/ C’est sûr j’essaie simplement d’oublier/ Échanger mes idées pour un peu de confort (Pillow Talk) et On m’a dit les gars/ Ça pleure pas/ Oui je sais les gars/ C’est con/ Au fond/ Si tu veux pleurer/ Je te prends dans mes bras/ Et on pleurera/ Comme on voudra/ Car on pleurera/ Quand tu seras plus là (Boys). Perdre quelqu’un, surtout quelqu’un très proche, peut être difficile à gérer mais avec l’art (la musique, le cinéma…) on peut trouver le confort et la beauté dans les périodes de la vie qui passent.
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