
«Les dimanches sont faits pour le country», a dit Tom Chicoine plusieurs fois pendant son spectacle sur la scène Loto Québec aux Francos de Montréal dimanche (11 Juin) soir. Le soleil d’été brulait, les vibes étaient chills, donc, ouais, il avait raison. Son spectacle était comme l’échauffement pour C’est notre histoire – Hommage à Renée Martel et ses chansons, dont Highway, Jusqu’au matin, et Moteur super sport nous conduisaient à travers le Québec.
La musique de Renée Martel est aussi comme une longue route qui rejoint beaucoup de gens. Une femme devant la scène a voyagé de la Gaspésie juste pour voir cet hommage. Elle a dit qu’elle écoutait beaucoup sa musique toute sa vie, ayant chanté Un amour qui ne veut pas mourir au public quand elle était petite, et elle adore tous les artistes qui font partie de l’hommage, surtout la version d’Un amour qui ne veut pas mourir de Gab Bouchard. Deux fois pendant le spectacle elle et son amie à côté d’elle ont pleuré, touchées par les souvenirs évoqués par l’occasion. Il y avait aussi une femme agée devant la scène, assis sur un tabouret pliable, qui a vu la vraie Renée Martel en spectacle dans le passé. Elle ne connaissait pas tous les artistes dans l’hommage mais elle a apprécié leur travail.
Le spectacle était une extension de l’album C’est notre histoire qui était sorti en mars cette année où les chansons sont mises à jour pour un nouveau mood/ une nouvelle génération. Par exemple, Liverpool qui a une ambiance des années 60 et ensoleillé, a désormais les rayons de dream pop dû au touche d’Alexe. De même, Je vais à Londres, accrocheuse et rétro, s’est transformée en quelque chose de lent et mélancolique par Ingrid St-Pierre menée par le piano et la voix délicate. Mon roman d’amour, qui est aussi très années 60, est devenue stripped-back et intime par Elliot Maginot au point où tu pouvais la confondre avec un morceau de la sienne. La chanson Nos jeux d’enfants, classique, joyeuse et nostalgique est devenue triste et vulnérable avec le piano lent et la voix notable d’Étienne Coppée qui est comme un chuchot, tandis que la classique Cowgirl dorée est récrée d’une manière hypnotique et tristement douce par Les soeurs Boulay.


De l’autre côté, il y a les chansons qui n’ont pas beaucoup changé mais qui sont personnalisées, par exemple Si on pouvait recommencer chanté par Tire le Coyote avec sa voix distincte.
En tant qu’hommage, le spectacle a amené les gens ensemble, que ce soit les âges variées de la foule ou les musiciens sur la scène. Les voix et l’attention étaient alternés pour intensifier le côté collaboratif, par exemple Ingrid St-Pierre qui était accompagnée par Stéphanie Boulay, Étienne Coppée et Alexe et la manière dans laquelle chaque artiste a présenté la suite.


En plus des chansons de l’album, il y avait une version jubilatoire de Prends ma main chantée par Alexe avec Les sœurs Boulays et Quand le soleil dit bonjour aux montagnes interprétée par Saratoga. Antoine Corriveau a pris le contrôle de Je reviens avec sa voix grave et dominante. Ariane Roy et Fanny Bloom, qui chantent Le bateau du bonheur et Quand un bateau passe sur l’album, n’étaient pas là mais elles étaient remplacées par Cindy Bédard et Mara Tremblay, Mara ayant donné une énergie rock intensifiée à l’ambiance. Pendant tout le spectacle, il y avait les musiciens qui restaient sur scène pour faire l’accompagnement dont Éléonore Pitre à la guitare, Nathan Vanheuverzwijn au clavier et Pitou qui était comme le maître de cérémonie.

Renée Martel, qui est décédée en décembre 2021 à l’âge de 74 ans, a marqué la scène country au Québec mais elle est souvent inconnue ailleurs, même parmi les gens de la province. Nathan a mentionné au festival quelques jours après qu’il vient de découvrir sa musique en faisant partie de l’hommage. Sa musique n’était pas présente dans la maison parce que ses parents belges ne l’écoutaient pas et son répertoire était plutôt lié avec les années 60 et 70. Par conséquent, jouer et se familiariser avec ce répertoire était vraiment l’fun. En demandant à Éléonore avec curiosité via Instagram si la musique de Renée Martel a fait partie de sa vie, elle a répondu « Je connaissais les classiques! Mais je ne connaissais pas toute son œuvre, non. Le projet m’a fait découvrir plein de ses belles chansons que je ne connaissais pas.»
Les chansons jouées pendant le spectacle étaient toutes réconfortantes, accrocheuses et légères. Renée Martel est connue pour la musique country mais il y a aussi la pop rétro qui coule partout. C’est pour cela que les chansons marchent peu importe l’époque, surtout un dimanche soir d’été sous le coucher du soleil. Alors que les hommages en général peuvent être quétaines, celui-ci était à la fois enrichissant et joyeux.
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