
Pour mieux comprendre une scène musicale, il faut se familiariser avec l’aspect communautaire qui est souvent au cœur. Le samedi 27 Mai, Les Bluecharms ont joué un petit spectacle dans la salle Bernard-LeBlanc au Centre Culturel Aberdeen à Moncton. C’était une collaboration avec la bien connue Lisa LeBlanc qui leur a donné un coup de main pour peaufiner leur spectacle. Par conséquent, elles ont joué les chansons qui nous ont encouragé à taper du pied et à sourire pendant que Lisa les regardait en tant que membre de la foule.
Les Bluecharms est un groupe du Restigouche qui se compose de Maggie et Isabelle Savoie, Marie-Christine Arpin et Louise Poirier et leur premier EP Finance moé était sorti en 2017. La musique est un mélange de blues, de rock et de folk, toute avec un sentiment de fun comme jouer ensemble est purement pour le plaisir et pour partager leurs intérêts. Bien que ce petit spectacle soit dans une salle dans la ville, on avait l’impression d’être dans les bois, entouré de tradition et de vibes chaleureuses.
Maggie Savoie est reconnue, ayant sorti trois albums (Appalaches, le plus récent, est sorti en 2021 et sa chanson Les étoiles a emporté la Chanson de l’année au prix MusiqueNB 2022) donc Les Bluecharms, avec ses amies et sa soeur sous forme d’un projet plus petit, est comme un snapshot additionnel dans la vie du Restigouche et la culture acadienne en général.

«C’est une région qui est vraiment dans la forêt, un île si tu veux dans le milieu de nulle part, dans le sens qu’on est loin de tous les centres pis y a pas grande ville près de là, explique Maggie Savoie dans les coulisses de la salle Bernard-LeBlanc. Dans la chanson Le Nord se vide on parle beaucoup parce qu’il y a beaucoup de services qui disparaissent. C’est une région qui tient nos cœurs parce que c’est tellement beau mais on prend vraiment pas soin d’elle».
Dans la chanson, sortie l’année dernière, elles chantent quand le nord se vide/ on dirait que tout le monde s’en câlisse/ pis ça coupe partout, ça coupe/ font exprès pour qu’on décrisse et elles référencent les choses comme dans les bois y a pu vieilles forêts, dans le matin on entend pu les oiseaux et quand il mouille la rivière on l’a connait pu. Le rythme est comme une marche et l’enthousiasme devient plus fort au fur et à mesure que la chanson progresse.
Dans le passé Marie-Christine avait une entreprise de location de canots et de guide de plein air qui avait permis aux gens, locaux et visiteurs, de découvrir la région. Cependant, comme Maggie explique, la beauté et la nature ne sont plus exactement ce qu’elles étaient. «Ça nous fait vraiment d’la peine parce que c’est une région qui semble vraiment pas importante pour le gouvernement actuel».
Restigouche se situe entre le Nouveau Brunswick et le Québec, un endroit où les cultures parfois se mélangent, que ce soit les villages Kedgwick et Saint-Augustin ou les acadiens en Gaspésie. «c’est mélangé mais nous nous considérons vraiment comme acadiennes pis c’est non négociable, affirme-t-elle. Depuis que je me souvienne, je me considère comme acadienne pis ma famille et mes ancêtres sont acadiens».


Les paroles des Les Bluecharms, qui sont souvent chantés par les membres ensemble comme un genre de chant amical, représentent bien le dialecte avec les expressions telles que «broche à foin» et «J’t’a boutte», les deux chansons joué de manière ludique après l’engagement avec la foule.
En parlant de leur relation avec Moncton, Maggie dit: «Moi clairement je la considère comme le cœur de la culture acadienne. On a toutes vécu à Moncton un long temps passé quand on était à l’université. C’est important pis ca a donné toute un coup d’main aussi pour nos projets musicaux pis tout ça. On dirait que t’as pas le choix de passer par Moncton si tu veux vivre la culture un peu».

C’est pour ça qu’elles ont choisi de venir ici pour pratiquer ensemble devant le public. Le groupe ont joué les chansons de leur EP ainsi que les nouvelles et une reprise énergisée de Travailler c’est trop dur de Zachary Richard.
Aussi dans les coulisses, Lisa Leblanc a donné plus de contexte sur la façon dont le spectacle a été créé. «On a commencé à se parler il y a un couple de mois passé juste pour faire ok we’re doing it pis je le trouve right l’fun. Mais j’ai pas fait un million, plus l’aide avec la mise en scène que j’aime beaucoup à faire. C’est des amis, je les connais depuis un bout pis j’aime ce qu’elles font. C’est cool d’avoir l’option avec la salle pour deux jours, on a pu pratiquer pis travailler.»
Pour mieux comprendre une scène musicale, il faut trouver les spectacles qui sont décontractés et un peu spontané.
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