Les coins de l’Acadie: Sylvie Boulianne

Sylvie Boulianne est une autrice-compositrice-interprète qui vient de la Baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse mais qui habite actuellement à Moncton et son premier EP intitulé Defois c’est moi est sorti en avril. Enregistré à la Baie Sainte-Marie mais inspiré également par ses années à Montréal, il combine les deux environnements: les vagues, le vent et le calme avec la vivacité et les étés chauds de la ville. Comme Sylvie explique un après-midi au Laundromat Espresso Bar, Moncton, «c’est un mélange des deux parce que je suis beaucoup influencée par où j’ai grandi et la mer mais les années à Montréal étaient importantes pour moi aussi. J’écris ce qui se passe dans ma vie. Il y a beaucoup de choses qui se sont passées à Montréal à cause de l’autre donc c’est un mélange de ça.»

Ces choses sont évidentes dans Defois c’est moi et Montréulogy. La première chanson est rêveuse avec la guitare puis le piano qui coulent comme les vagues, et le violon qui les rejoint pour plus d’intensité douce, tandis que Montréulogy fait référence aux sirènes, au ciel sans étoiles et aux ruelles pi les étrangers qui sort/ Tout l’temps chaud dans les escaliers dehors.

«Dans Open Waters il y a beaucoup de violons pis ça pour moi c’est comme un tempête dans la mer, dit Sylvie. La façon dont je recrée des éléments de la nature, c’est plus la sonorité avec la vibe». En ce qui concerne l’ambiance de la ville, elle note que «c’est peut-être plus les certains accords ou un mélange de notes qui sonnent un petit peu weird mais qui fonctionnent. T’sé comme Montréal est un petit peu charmant mais l’fun.»

Même si l’EP capture les périodes marquantes entre la Baie Sainte-Marie et Montréal, son voyage en tant qu’artiste est lancé à Moncton. Au début, elle a étudié la musique, le chant classique, à l’université de Moncton puis elle a déménagé à Montréal pour commencer une carrière. Mais, avec trop de compétition et un job à temps plein, elle a perdu l’inspiration. Elle a quitté la ville et elle est retournée à la Baie Sainte-Marie où son ami, Jacques Blinn, à fini de construire un studio. C’était là que les chansons sont nées et l’EP était enregistré. Ensuite, elle s’est installée au sud-est du Nouveau-Brunswick. 

«Moncton est quand même un hub culturel. C’est très riche. Je me suis dit que pour commencer une carrière musicale j’aurais peut-être plus de chance et plus d’opportunités parce que culturellement c’est vibrant, ça bouge beaucoup, remarque-t-elle. Pour moi, c’était plus avantageux de vivre ici parce qu’à Montréal il y a trop de compétition pis ici je connaissais les gens pis je suis pas loin de ma famille non plus. Même si j’aime la Baie Sainte-Marie, je pense pas que je pourrais habiter là, pas toute de suite en tout cas.»

Cependant, la Baie Sainte-Marie, sous la forme du dialecte Acadjonne, est au cœur de la musique. J’menvole de mes ennuis/ Ej cri, ej cri poinne, elle chante dans Defois c’est moi tandis que Raderesse-toi («redresse-toi») raconte Back fourré dans les mêmes affaires, mais tu l’savais déja/ Autre qu’astheure toute est rendu claire, pi tu seras pu la/ H’avais oublié quoice c’était comme, pu croire à ses histoires avec calme et un twang de country.

La vocabulaire est comme celle-ci d’une conversation, par exemple Hey Joseph/ Cecitte ça vaula rionne/ Amène-moi avec toi la youss qui fait beau/ Jmen irai, jmen irai dans Hey Joseph et T’es rinque un thunderbird/ Rapace qui brise des tchoeurs dans Thunderbird, parce qu’elle écrit les paroles comme les mots sont prononcés. À la Baie Sainte-Marie, par exemple, «ain» et «ien» sont prononcé comme «onne», «coeur» comme «tchoeur» et l’inclusion de mots de très vieux français est plus présente. 

Ce petit coin de la Nouvelle-Écosse à l’air tranquille, joli, et isolé. «Quand je grandissais à la Baie Sainte-Marie je voulais quitter, Sylvie raconte. C’est en revenant que j’étais comme ahh c’est important pour moi là-bas. La Baie Sainte-Marie, c’est l’fun parce que il y a beaucoup de différents personnages et beaucoup de monde qui joue de la musique. C’est vraiment exceptionnel le nombre de musiciens qui existe à la Baie Sainte-Marie. Tout le monde joue d’un instrument. Pour moi en grandissant, il y avait toujours un jam s’il y avait une fête. Il y avait toujours les concerts dans les maisons. Il y a beaucoup de musique qui se passe dans la communauté.»

On peut dire que l’EP de Sylvie Boulianne fonctionne de manière similaire. Il nous emmène dans les scènes personnelles mais c’est accueillant et réconfortant en même temps.

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CHANSONS TRADITIONNELLES – LES RECOMMANDATIONS

J’ENTENDS LE MOULIN
PARTONS LA MER EST BELLE
LA DESTINÉE, LA ROSE AU BOIS

GROUPES MUSICAUX – LES RECOMMANDATIONS

ÉCARLATE
MAUDE SONIER
BAIE

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