

C’est facile de se promener en écoutant la musique de Jacques Surette. Il raconte des histoires avec légèreté et poésie, accompagné par une guitare et les sonorités folk rock classiques. L’auteur-compositeur-interprète vient de Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, et il sait bien capturer son environnement dans ses chansons. On entend le dialecte acadjonne, on ressent la tranquillité de la nature, et on se sent transportés dans son quotidien.
Avec son nouvel album, Les vieux chapeaux (sorti le 16 octobre), tout ça est encore présent, mais sa fierté d’être acadien s’intensifie. Les musiciens avec qui il a travaillé viennent tous de la Nouvelle-Écosse et l’album a été enregistré à la Baie Sainte-Marie et à Yarmouth.
« Yarmouth, c’est surtout une ville anglophone. Mes parents sont acadiens, ma mère vient de la Baie Sainte-Marie et mon père vient de l’île de Surette. J’ai grandi dans une famille qui parlait le français pis ils m’ont mis dans une école d’immersion, » explique Jacques lorsqu’on s’est parlés après son spectacle au Grand Théâtre de Québec le 19 octobre. « Après ça, j’étais dans une école plus francophone, pis c’est là où j’ai commencé à jouer de la musique. J’ai pas gradué. Aussitôt que j’avais ma voiture en grade 11 j’étais comme « oh je peux conduire, je peux me rendre yousque je veux. » J’ai continué à faire de la musique pis à créer de drôle de chansons. »
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Et donc le sens d’aventure et les leçons sur la vie viennent avec ses chansons. Moi je trouve la vie si belle autour d’ici / N’a plein de choses à faire avec tes amis / Regarder les étoiles dans le ciel / Oh, c’est si belle / En bas du chemin un p’tit lapin se couche au soleil / Une carotte dans la main des trous dans l’oreille / C’est dommage que la vie c’est pas gratuit / Mais c’est okay pour aujourd’hui chante-t-il dans Le siffleux de son premier album Marche, marche, marche. Son troisième album, intitulé Conséquences, parle des nombreuses conséquences qui arrivent dans la vie. Dans Quoisse qui brasse dans la sauce, il nous rassure que c’est ben correct de rien faire de nos journées, si c’est ça dont on a besoin:
…
J’ai des Crocs sur mes pieds
Et du thé dans ma tasse
Oh ouais oh ouais
C’est ça qui brasse dans la sauce
Oh des fois c’est easy et des fois c’est dur
Oh des fois j’suis lazy ça c’est pour sûr
Rienque assis sur mon couch
Just being a slouch
Nothing wrong with that
Cet album se termine par Une belle soirée, une chanson douce qui nous transporte vers la Baie et les villages paisibles: Et tous les temps en temps / J’entends le vent qui flotte autour / Et y’a tout l’temps something de neuf / Tous les jours / Y fait öuellement beau sur l’bord de l’eau / Avec une caisse de bière / Et des fois j’manque mon père et ma mère.
Dans l’album Les vieux chapeaux, chaque chanson représente un genre de chapeau et un moment du passé. Il y a donc des souvenirs liés au fait d’être sur la route, notamment dans Ma p’tite car noire (Way dans les bois et creux dans l’Québec / À Yarmouth town / Back à la Baie ah oui / Dans ma p’tite car noire) et Contchonne su la route (En travers de les chemonnes / J’conduis avec mon chionne / Oh ouais on s’en soucie de rionne). À travers les dix chansons, Jacques s’inspire d’émotions pures. On regarde le ciel étoilé comme un enfant dans une rêverie, on se sent réconfortés par la nature, on boit de l’alcool pour partager de bonnes vibes et on réfléchit à l’amour.
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« Yarmouth est vraiment home pis c’est là ou j’habite la majorité de temps. Cet été j’ai spendé beaucoup de temps à la Baie Sainte-Marie à cause qu’on était là pour travailler sur l’album, » explique Jacques à propos de son environnement actuel. En ce qui concerne l’endroit qui l’inspire le plus: « Je crois que c’est la nature en général. On est directement au bord de l’eau pis c’est vraiment une place avec pleins de plages. En Nouvelle-Écosse c’est tout l’temps 40km d’une plage. C’est ça qui est inspirant. Pis nos autres artistes itou partout dans la région. C’est rinque une grande beauté de vivre là.»
De toutes les chansons de l’album, c’est Les carinos qui tient le plus à cœur à Jacques. Non seulement elle parle d’une région de la Nouvelle-Écosse qui est super calme, mais l’évolution de la chanson représente bien l’évolution de l’album. « La chanson était faite à la guitare dans un tuning différent. J’ai envoyé le track à Montréal pis avec mon ami Kevin O’Neil, qui vient de la Baie Sainte-Marie, je pouvais vraiment voir la progression.» C’est Kevin O’Neil qui a ajouté l’orchestre à la chanson, lui donnant une touche de romantisme.
La musique de Jacques Surette est à la fois réaliste et imaginative. À travers ses quatre albums, on a l’impression de s’échapper à l’ennui de notre quotidien pour s’amuser calmement dans son coin de l’Acadie.
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Reste à l’affût pour une entrevue avec Jacques Surette pour bpartsmedia.ca
