En attendant le printemps avec Alex Burger

Le printemps fait des apparitions capricieuses derrière les arbres nus et toujours glacés. Je le ressens dans les jours qui s’allongent, dans les rayons du soleil qui me poussent à courir vers 17h. Il y a quelques semaines, il faisait toujours noir à cette heure-là, alors quel bonheur que la lumière soit revenue! J’ai envie de rouler à vélo et de courir à pleine vitesse sur les trottoirs enfin débarrassés de la slush. J’ai envie de porter des shorts et de frapper une balle de tennis avec force à travers un terrain.

Pis toi, t’as envie de faire quoi ?

En écoutant la musique d’Alex Burger, on se rapproche de la chaleur. On voyage à travers les coins du Québec et on se baigne dans les niaiseries du quotidien. 

Au cœur de sa musique, il y a le country, tandis que l’ambiance alterne entre le rock et la douceur. Au Théâtre Petit-Champlain, à Québec, le 28 février, Alex Burger s’est lancé avec Sainte-Marcelline, la chanson qui ouvre son dernier album Ça s’invente pas (sorti en octobre 2023). Dans cette ouverture, on drift sur des chemins tranquilles comme si on était entourés de verdure. « Trente kilomètres entre deux champs/ Lanaudière, le vent est méchant/ Le trad au fond ah! que c’est bon » chante-t-il pendant que les instruments nous font gambader. Au Théâtre Petit-Champlain, le côté rauque de sa voix était intensifié et ses cheveux cachaient son visage. Tout était donc raw ce soir-là.

Pendant le spectacle, il a joué la totalité de Ça s’invente pas. On a marché dans la neige (J’ai pris le sentier enneigé déjà emprunté/ Par quelqu’un d’autre/ Qui marchait déjà dans les pas d’un autre) pendant Ça finit toujours, on est descendus via La pente descendante et on a fait des allers-retours émotionnels avec Allers-retours. Dans Du country dans le ravin (À tout ceux qui radotent/ Qu’on fait pas du country/ V’nez donc faire un tour à roulotte/ On est bien ouvert à en jaser) et Merzi Môman (Aujourd’hui c’est la fête des mères/ On le sait c’est criminel de manquer ça/ Mais l’affaire c’est qu’on s’est poussés à Québec/ Pour enregistrer nos petites maquettes) on s’est plongés dans le monde d’un musicien/ une « rock star. » En revisitant son premier album, il a joué J’prends ça pour du cash et That’s it, ainsi que Dormir sur ton couch, une chanson toujours ludique et réconfortante dans le son. 

Le rappel était comme un pont entre les chapitres de la carrière solo d’Alex Burger. Il a présenté une chanson inédite, tout seul à la guitare, puis son band est revenu sur scène pour nous emmener en Montérégie (Sweet Montérégie). Le spectacle s’est terminé par Le roi de la montagne, également la dernière chanson de Ça s’invente pas. Celle-ci donne l’impression d’être sur la route, parmi les couleurs d’un coucher de soleil, en quittant un endroit rempli de nostalgie. « C’est par où pour aller un peu mieux? » répète-t-il, tandis qu’une chaleur se mêle au twang de la guitare. Comme chaque fois qu’on écoute cette chanson, c’était comme si on errait vers quelque part ensoleillé et positif, même si la neige nous attendait le lendemain.