P’tit Belliveau: la force et la magie de la nature

La musique de P’tit Belliveau a toujours été ludique et pure: ludique dans le sens qu’il joue avec des genres et pure, parce qu’il fait ce qu’il veut et parle d’une vie simple. Avec son troisième album, intitulé simplement P’tit Belliveau, tout ça est élevé. 

Voici donc un album qui parle souvent de frogs et de swamps (The Frog Swamp, The Secret Life of Frog, The Frog War, Ring Ring), de la vie à la Baie Sainte-Marie (L’église de St.Bernard et Sur l’TV), et de l’envie de suivre ce qui te rend heureux peu importe les pressions sociales (Ej m’en fus, Comfy).

Bien que la tranquillité de Clare, en Nouvelle-Écosse, ait toujours fait partie de ses chansons, par exemple dans Les bateaux dans la baie et Moosehorn Lake du premier album et Meteghan River et Des affaires vont jamais changer du deuxième album, dans P’tit Belliveau c’est comme si l’accent avait été mis sur la magie de la région et de la nature en général.

«Il y a des forêts et des étangs qui sont partout dans l’ouest du Canada, tu sais, but chez nous sur mon terrain, je travaille vraiment fort pour créer un environnement équilibré pis sain pour tous les animaux», explique Jonah Guimond, alias P’tit Belliveau, avant le lancement de son album au District Saint-Joseph, à Québec. «J’ai une grosse pile de compost juste à l’air libre. Les souris vivent là-dedans. Moi, je veux que tous les animaux soient chez nous, même les animaux qu’on n’aime pas. Pour avoir un écosystème équilibré, ça prend les pestes pis les prédateurs, tu sais.»

C’est pour ça que les animaux et les insectes sont vus comme des amis, comme Invite les animaux dans ta maison du premier album. Je bois point d’grogue mais chu tout l’temps plein/ I guess c’est pour ça qu’les grenouilles sont mes seules chums il cri dans Ring Ring avant de se mettre dans leur place: Je vivons dans ma swamp pis j’adore ça/ Mangeons tous les bugs pis j’adore ça.

«Si tu prends une swamp ou un étang pis tu paves ça pis tu mets le gravier pis tu places un parking lot au-dessus, tu vas travailler très dur de patch up tout parce qu’il voulait toujours être une swamp ou un étang. À la fin de la journée, c’est mieux de juste guider la nature au lieu de mettre notre force là-dessus. Je vois ça comme le rôle principal des humains. La plupart de mon terrain est la forêt et j’essaie de la guider où elle veut aller. Ça c’est mon rôle principal sur la planète, point juste concernant la nature but en général.»

Par conséquent, il n’y a pas de concepts fixes derrière sa musique et la choix de son et de paroles viennent de ce qui est dans sa tête au moment de la création, de manière naturelle. «J’essaie de faire le moins de choix possible pis laisser sortir ce qu’il veut sortir naturellement» ajoute-il par rapport au processus de l’album.

Dans L’église de St-Bernard et Sur l’TV les souvenirs de la vie dans une petite ville/ un village sont racontés. Par exemple, J’étais bout en fais d’jouer un show/ À tchequ’part loin dans le Québec/Si loin d’icet/Ça vaut point la peine de/ Captchuler les mètres / Ils disont faut qu’tu vives des neuves expériences 
et 
J’ai Jamais vu ça avant/ Mais ça c’est pour l’monde sur l’TV/ Ou à Toronto, ou à LA/ Point pour les kids par icet/ À tchèque part loin l’autre bord d’la Baie/ Y faisont nimporte quoi I bet.

«La Baie Saint-Marie, c’est une place en décroissance comme pleine de villages au Canada. C’est une raison pour laquelle je suis anti-urbain d’une certaine manière. Je trouve que toutes les petites campagnes partout sont belles pis il y a des histoires vastes pis crues dans toutes ces places-là,» informe-t-il concernant des changements à la Baie à travers les années.

«Je crois point que ça vaut la peine de forcer les choses. Moi j’essaie juste de nudger des choses dans une certaine direction pis d’observer pis de commenter sur ce que je vois. C’est la réalité que Clare est en décroissance but ça point dire que ça va mourir. Moi je suis là pis il y a plein de gens qui sont là. J’essaie de créer une histoire qui représente plein de places au Canada, aux États-Unis pis partout, tu sais.»

P’tit Belliveau est donc un album qui célèbre les choses qui sont un peu banales, qui nous encourage d’approcher la vie avec une mentalité indépendante, et qui mélange ses observations avec de l’humour et de la fantaisie. Vu que Jonah crée toute sa musique dans son studio chez lui, entouré par la nature et le quotidien, on pourrait dire que c’est une représentation créative de la Baie Sainte-Marie.

En ce qui concerne les frogs dans son swamp, il y a les wizards frogs, les barbarian frogs, les healing frogs, et les trader frogs.

«J’aimerais dire que je suis wizard frog but honestly je suis plus trader frog,» avoue P’tit Belliveau. «Une grosse partie de ma vie finit par le business à cause que j’ai mon propre business but j’ai un peu de wizard frog dans moi. Tout le monde veut dire wizard frog but, let’s be honest, 10% de gens sont des wizard frogs.»

Pour une autre entrevue et plus sur le show au District Saint-Joseph, cliquez icitte.