
Weedon est le projet des auteurs-compositeurs-interprètes Marcus Quirion et Julien Thibault et leur premier album, intitulé Dis-moi que j’t’aime et sorti le 1 mars, est rempli de personnages. Il y a ceux qui veulent fuir du quotidien, qui souffrent du deuil, et qui fument du pot dans leur petite ville parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. La musique est légère, de sorte qu’on a l’impression d’être sur la route en traversant les petits coins du Québec.
C’est surtout dans la région des Cantons-de-l’est où on trouve les références. Pourtant, le dialecte qui est fort dans les paroles et les situations très familières nous emmènent partout.
«Pour ce projet-là, c’était vraiment la démarche de l’écriture automatique. On prenait la première idée qui est arrivée pis on essayait de faire une chanson avec ça» explique Marcus, parlant via Zoom avec Julien des sièges d’un char. «On a déjà nos projets solos, mais ici on essayait d’aller moins dans les anecdotes personnelles pis plus de quelque chose de détaché.» *
Dans Je m’envol, je m’en veux, je m’en vais, ce sont des personnages d’une photo: ‘Qu’essé tu faisais/ Dans l’background d’la photo/ Du mariage de ton ex/ Est-ce que t’étais de trop/ T’étais en train d’jaser/ A’ec un gars en ch’mise rouge/ Dans ton beau suit loué/ On garde pas tout c’qu’on trouve.’
Dans Sacrer ton camp, il y a un gars qui part pour la route, en voulant paraître tout tough: ’T’es tu dev’nu déménageur/Ta civic est loadée d’malheur/Vois-tu r’voler c’qui reste de ton bumper/Quand t’arrêtes aux heures gonfler tes tires ailleurs.’
D’ailleurs, on observe quelqu’un qui vit dans la répétition banale (Lundi l’enfer) et on réfléchit à la perte de quelqu’un proche (C’est-tu vrai?).
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Dans la chanson Magog, les paroles coulent comme un échange entre amis.
Appelle dont Manu qui nous r’joigne avec son stash
Parce que je r’trouve pu les foutus de clés d’la pontiac
J’pense qu’après-midi j’les ai garroché dans le lac
[…]
Qu’est-ce qu’y fait Manu y s’est tu perdu dans l’parc
Fuck j’viens de r’trouvé les clés y’étaient dans mon sac
J’ai pas l’gout d’changer de vie, mais on pourrait changer d’place
«Inconsciemment on avait une p’tite référence à notre ami Vincent Vallières qui habite dans ce coin-là» raconte Julien. «Vincent avait des tounes qui des fois parlaient d’une manière comme Vincent, qu’ess-tu fais là? Clairement il y avait un genre de boucane, genre dans un parc, pis tout ça.»
C’est donc une ambiance décontractée et amusante, l’accent mis sur les relations. Vu qu’on est au Québec, où la nature est partout, ces relations existent aussi avec des animaux.
‘Si les coyotes aimaient la bière/ J’aurais des potes à tous les soirs/ On chanterait ensemble’ ils chantent dans Si les coyotes, avant d’imaginer jouer au hockey avec eux.
Pourquoi prendre la vie au sérieux? on peut se demander. C’est plus fun de chiller avec des gens, de ramasser nos observations, et de suivre les choses qui sont un peu illogiques (comme celles-ci d’un quotidien construit par l’écriture automatique).
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*Pour mieux connaître Weedon et leur album Dis-moi que j’t’aime, tu peux lire l’entrevue complète ici.
