
Le feu existe sous plusieurs formes, autant destructive que réconfortante. Il fait partie de la destruction de l’environnement (les feux de forêt) tandis qu’il nous rapproche de la nature et donc de nous-même (les feux de camp). Il signifie souvent la peur et la colère mais aussi la passion positive. Ces contradictions sont explorées dans le nouvel album de Karolan Boily, Le feu sous le toit, qui nous emmène à l’intérieur (les émotions intimes) et à l’extérieur (la nature) à la fois.
Les chansons sont délicates et hypnotiques, en plus d’avoir la voix qui coule de manière rêveuse. C’est pour ça que les chansons se mélangent, en créant l’effet des flammes et de la fumée qui dansent. Parfois l’intensité augmente, par exemple la chanson Nulle part sauf ici, comme si ces flammes étaient frappées/ guidée par le vent.
Du calme au noir donne l’impression d’être seul.e sous les étoiles et Blocage a un rythme comme si on marchait sur les feuilles, la tête remplie de frustration. Alors que la noirceur/ la nuit (par exemple, Je n’irai pas au réveil/ Mon corps toujours en sommeil dans Pour les autres et Je veux le silence/ Je veux le sommeil dans Nulle part sauf ici) et le référence au feu (Mes peurs se perdent quand on est le feu sous le toit dans Depuis toi et Je vois qu’il y a de la lumière, le feu dort en toi dans Depuis toi) sont partout, c’est les émotions comme le lenteur, le doute et l’indépendance qui sont en premier. Elles sont donc la métaphore du toit sous le feu, le toit symbolisant la maison intérieure.
————————————————————————————————————————
————————————————————————————————————————
« Puisque j’adore le feu, je voulais en profiter et jouer avec ça, » explique Karolan, en faisant référence aussi à l’expression « jouer avec le feu. »
« À la base, les textes me reviennent d’expériences personnelles. C’est très introspectif » raconte-t-elle à propos de son processus. « L’élément déclencheur est vraiment plus les émotions pis après c’est comment je les décris. Je pense que le texte est vraiment en premier et j’écris les associations par rapport à ça. Ce sont souvent les textes qui m’apportent vers la musique aussi. »

L’auteure-compositrice-interprètevient de Saint-Raymond-de-Portneuf, au Québec. « C’est vraiment une région où j’étais entourée de forêt. J’habitais entre deux lacs pis tout ça, donc faire des feux c’est quelque chose qui me revient souvent, comme un foyer à l’extérieur de la maison. Y a quelque chose de très réconfortant pis de rassembleur pour moi.* » Les émotions qui sont décrites dans les chansons sont racontées avec une voix qui ressemble un peu à un chuchotement, donc c’est comme si on se rassemblait dans la nuit pour partager nos secrets dans la chaleur sous les arbres.
L’artiste habite à Montréal depuis 11 ans, mais la nature continue de stimuler sa créativité. Par conséquent, il y a les visuels (la photographie de Marc-André Dupaul) qui correspondent avec le concept de l’album et le fait que les chansons ont été enregistrées loin de la ville au Studio Wild. « C’est vraiment un chouette studio. On était dans une bulle jusqu’à la fin, » dit-elle, ajoutant qu’ils étaient là au printemps quand la neige a commencé à fondre. Les sons de cet environnement sont incorporés dans quelques chansons, Le feu sous le toit et Braise, pour créer une ambiance plus immersive.
Quand tu es en plein air près d’un feu de camp, qu’est-ce que tu vois? Est-ce que tu deviens transporté.e par les flammes et par la chaleur et que tu sens la négativité brûler? Il y a souvent une aura d’aventure liée à cet environnement-là et ça peut nous encourager à explorer nos émotions et à nous transformer.
—————————————————————
- Tu peux lire une autre entrevue et mieux connaitre l’album ici
📷 de Marc-André Dupaul
🍃✨
