Émile Bilodeau nous invite au bar des espoirs

Bienvenue au bar des espoirs, où les gens se rassemblent pour s’amuser et le quotidien est célébré. Il y a ceux qui se sentent sombres, bien sûr, et il y a les situations troublantes mais au bar des espoirs tu es encouragé d’aborder la vie avec humour et d’apprécier les petites choses autour de toi.

Comme tous les albums d’Émile Bilodeau, Au bar des espoirs est composé de bavardage et est inspiré par des observations réelles. « C’est un environnement fictif mais en faisant les tournées j’ai réalisé que dans chaque ville au québec y a un bar pis c’est toujours là où le band va après le spectacle », dit Émile Bilodeau à l’extérieur du Bar la Remise, Montréal, où il a joué le jeudi 28 septembre pour le lancement. « Les discussions entre les artistes de Montréal pis les locaux régionaux m’ont donné beaucoup d’inspiration. On peut noter des personnages. C’est très inspirant pour les artistes de pouvoir prendre des notes de ce qui se passe dans les bars au Québec. Cet album-là, c’est un peu un hommage à notre culture de la bière.»

On voit ces choses-là dans les situations comme l’affection excessive de Ayayaille (Voici mon C.V. veux-tu être ma blonde?/ Avec mon gros bouquet de fleurs de lys/ Tu m’as dit : coudonc toé! T’es-tu fou câlisse? […] Ayayaille, ayayaille, je veux boire ma peine/ Cause I, I’m such a fool in the end/ In the end, I’m your friend, c’est-tu trop kétaine?) et les pensées intérieures de Mauvais temps qui joue aussi avec les temps verbaux (Mon futur est loin d’être simple/ Si j’ai une grosse voiture vers cinquante-cinq ans/ Bien mon conditionnel présent/ Serait en éternel jugement tout le temps/ Mon passé est composé de pleins de moments où j’étais/ Complètement imparfait, je le sais mais/ À présent je suis un peu plus vieux/ Maintenant, je le sais vraiment ce que je veux). 

Il y a aussi la politique dans Y faut c’qui faut (C’est plein de règlements pour écœurer nos flots/ C’est pas trop de lueur pour leurs parents/ Y faut avoir peur des immigrants/ Faut faire bien de l’argent/ Pour avoir l’air intéressant/ C’est tellement idiot le grand statu quo/ C’est l’ordre établi qui dit en gros qui faut c’qui faut) et les rencontres comme ceux dans Malentendu et Au bar des espoirs.

Le concept de cet album était introduit avec la chanson L’amour au temps de la fin des temps, sorti en mars. Elle est accrocheuse et légère dans le son et elle parle d’espoir, des beaux moments, dans notre monde apocalyptique. Cette chanson a présenté la collaboration avec Simon Kearney qui a co-réalisé la chanson et l’album.  

« J’ai travaillé avec d’autres réalisateurs qui sont excellents mais il y a quand même un accord générationnel. Les deux premiers albums étaient Philippe B, le troisième c’était Philippe Brault, après ça j’ai passé un album à la réalisation tout seul. J’avais vraiment envie d’avoir une complicité, là, de pouvoir discuter de la musique, de prendre une bière avec, d’avoir le même environnement. » Émilie et Simon se connaissent depuis longtemps et l’amitié est mise en valeur avec cet album.

« Il m’a invité à l’île d’Orléans pis le projet a commencé dans la maison de Félix Leclerc, faque c’était vraiment génial pis on était vraiment inspiré de cet environnement-là à l’île d’Orléans pendant l’hiver. Ça nous a donné envie de travailler fort parce qu’on savait qu’après ça on pouvait avoir une bonne bouffe pis aller jouer au hockey.» 

Le studio est chez Simon, dans une maison à côté du fleuve dans un environnement pittoresque. L’album, au fond, était donc créé d’une manière naturelle et amusante et peut-être avec un peu de spontanéité même si Simon Kearney et Émile Bilodeau sont des artistes avec des visions claires. 

L’amitié et l’espoir parmi les gens est quelque chose de fort dans Au bar des espoirs, notamment avec la chanson Les Daisy et la pochette de l’album avec Émile à côté de Simon et Ghyslain-Luc Lavigne qui a fait le son et le mixage. La chanson Fleuve parle doucement des choses proches, les amis, la famille et la beauté du Québec, Pas si différents (tourne à Kearney) est un réinvention d’une chanson de Simon, un duo ludique avec un piano blues. 

Pour le lancement de l’album, Émile a joué plusieurs chansons dans un environnement intime, s’assoyait sur une chaise avec sa guitare. Le résultat, tandis qu’il racontait les anecdotes et donnait les shoutouts aux amis parmi les chansons, était comme être autour d’un feu de camp. Ça a bien fonctionné, comme être vraiment dans un bar dans la nature au Québec, mais les chansons seront jouées de manière plus grande et décorées avec son groupe pour la prochaine tournée.

Bar des espoirs est sorti le 29 septembre.
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