
C’était deux mille maudit vingt quand le premier album de comment debord est sorti. Un été répétitif et en grande partie sans amusement se terminait et c’était le moment pour profiter au maximum l’extérieur avant l’arrivée du froid (et plus de germes). Pour le lancement du album, il y avait un petit spectacle au Village au Pied-du-Courant, une plage artificielle au bord du fleuve à Montréal. C’était un spectacle responsible avec les distances respectées et les masques portées mais c’était aussi le seul spectacle que j’ai vu depuis le début de mars donc ça faisait VRAIMENT du bien de voir enfin la musique live.
En effet, la musique de comment debord est tellement rassembleuse. Il y a les vibes instantanées des années 70 qui nous encouragent à chiller et il y a les grooves partout qui nous donnent l’envie de bouger. De plus, il y a une approche ludique aux chansons qui est intensifiée par le fait que le groupe est composé de sept membres qui travaillent ensemble. Sur scène en ce debut de septembre 2020, ils ont l’air de s’amuser et cette énergie était tellement contagieuse.
C’est pour ça qu’il y aura toujours l’affection pour la musique de comment debord car ce premier album est lié au moment rare et animé parmi la monotonie sombre de la pandémie.
Bref, trois ans plus tard et leur deuxième album, monde autour, est sorti. Les influences des années 70 restent, bien sûr, mais avec un côté plus rock et folk décontracté, par exemple les chansons tough luck et plancher flottant. Dans tu penses-tu, l’ajoute d’une guimbarde donne l’impression d’être au bord d’un étang avec les grenouilles et il y a d’autres chansons, comme le fond de l’air et bonne patch qui ont l’ambiance d’un jam band.
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Les chansons veux veux pas et blood pareil sont pleines de groove avec les refrains accrocheurs et tranquillement pas vite et c’est quoi l’affaire sont des morceaux mélancoliques mais toujours avec une touche d’humour.
Les sons sont familiers mais la dialecte et les paroles qui sont comme les flux de pensées, parfois bizarres, rendent la musique notamment québécoise, par exemple ‘voyons donc c’est-tu moi ou bien donc/ il y a donc bien du monde icitte à soir’ (Veux veux pas) et ‘c’est bien tannant/ ça a pas d’ostie de bon sens/ tu vas tout fucker mon algorithme/ je suis pas habitué au monde comme toi’ (Plancher flottant).
Le monde que comment debord représente est sans stress et c’est amusant et collaboratif. Même si l’automne et l’hiver arrivent, on peut continuer à se détendre sous le soleil et à danser dans une vibe estivale.
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