
Une collaboration entre le Festival Sākihiwē et le Centre Culturel Canadien à Paris, Sākihiwē Festival Paris le mardi 11 octobre était une soirée chaleureuse qui nous a présenté trois artistes autochtones: Burnstick, Leela Gilday et Digging Roots. Avec leurs propres styles et histoires, chaque spectacle a une ambiance différente. Il y avait le folk intime du duo Nadia et Jason Burnstick, le soul et la puissance de Leela Gilday et le rock et l’attitude de Digging Roots.
Burnstick est un duo marié qui vient du Manitoba. Nadia est une auteure-compositrice-interprète francophone-métis et Jason est un guitariste Cri-des-Pleines. Leur premier album s’appelle Kîyânaw, ce qui veut dire «nous» en Cri, est lent et calme et leurs voix et les guitares acoustiques travaillent en harmonie. Les chansons sont introspectives et des fois politiques, s’adressant à l’histoire sombre du pays. Pendant le spectacle ils ont joué des chansons reconnues de l’album ainsi qu’une nouvelle. S’appelle «Made of Sin», cette nouvelle chanson était une réponse émotive aux pensionnats et l’effet sur des communautés partout. Ce sera enregistré pour le prochain album.
Pendant le spectacle Nadia jouait de la guitare qui avait des touches personnelles: des paillettes autour du trou, le symbol métis sur le manche, et des petites icônes qui représentent son fils/ la famille. Cette guitare, elle a expliqué, était un cadeau de Jason pour leur cinquième anniversaire.

Leela Gilday est une auteure-compositrice-interprète de la nation dénée qui vient de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, et elle parle souvent des paysages, de la nature et le froid auquel elle est habituée. Avec sa voix forte et l’inclusion du chant et d’instrumentation traditionnels, elle amène les gens dans son environment. Tout de suite, au début de son spectacle avec la chanson «Rolling Thunder» le public était captivé par la passion de sa voix qui transmettait un sentiment de libération à côté des paroles. Ça a continué avec des chansons telles qu’une nouvelle qui est écrite dans sa langue Dénée.
Ce soir-là Leela Gilday portait des longues boucles d’oreilles en plumes bleues et vibrantes. Elles étaient une création de Savage Rose, une marque Métisse Crie de Melanie Parsons qui fait tout à la main avec tradition.

Digging Roots est un groupe de l’Ontario composé du duo marié Raven Kanatakta and Shoshona Kish. Shoshona est Anishinaabe de la première nation Batchewana qui a grandi à Toronto et Raven est Anishinaabe et Mohawk qui vient de Winneway au Québec et ensemble ils font de la musique qui est une mélange de rock, de blues, de folk, et de spoken word. Les chansons sont écrites sur des enjeux, le colonialisme, la politique, la violence, l’environment, et quand ils jouaient sur la scène on pourrait sentir l’enthousiasme et la colère dans leurs voix et les riffs forts de Raven à la guitar électrique. Leur dernier album, sorti en juin, s’appelle Zhawenim et veut dire «l’amour inconditionnel» en Anishinaabemowin.
Pendant le spectacle il y avait des décorations sur le micro de Raven, une chaîne de perles qui était la dernière chose fait par sa grand-mère et fait de memoire des enfants tués aux pensionnats.

Les événements tels que le Festival Sākihiwē sont importants pour l’introduction d’artistes qu’on ne connaissait peut-être pas auparavant et avec ces artistes on peut apprendre plus sur les différentes cultures autochtones. Je suis en train de lire «Ninanimishken: Je marche contre le vent» de Florent Vollant et Justin Kingsley. Au début du livre, Florent Vollant explique que «la solitude que j’ai vécue, enfermé dans le pensionnat, m’aura permis de cultiver ma créativité. S’échapper du monde et composer une chanson, c’est pour me sauver du monde». Ensuit il dit que «Je me sens bien quand je suis dans cet état imaginatif. Et si vous êtes bien quand vous écoutez mes chansons, tant mieux. Vous êtes toujours le bienvenus dans mon monde».
Ces mots de Florent sont vrais pour tout le monde qui utilisent la musique pour relâcher des émotions qui ont augmenté à l’intérieur mais c’est particulièrement puissant pour ceux qui ont vécu la vie dans l’ombre, sous-représentés et même ignorés. Ces spectacles au Centre Culturel Canadien, avec les histoires personnelles et les descriptions de la nature et son importance, avaient accueilli le public dans le monde d’artistes qu’il soit familier ou que ce soit leur première fois.
