Découvrons! ‘La solitude des coeurs fanés’ d’Anne Painchaud

Tu connais-tu le sentiment quand tu découvres un artiste/une chanson et qu’il y a un courant d’emotion qui te traverse le corps, commençant au coeur et finissant à la tête où tes rêveries jouent? C’est toujours plus fort parce que la découverte se sent bien, comme elle est là au moment parfait. 

La musique d’Anne Painchaud, une auteure-compositrice-interprète de Québec, a cet effet. Elle est aussi douce qu’énergique, le piano et les autres instruments en harmonie avec les paroles souvent sombres. Son premier EP, La solitude des coeurs fanés, est sorti ce mois-ci et elle a utilisé son spectacle au Festival OFF (jeudi 7) pour lancer l’EP plus officiellement.

Pendant le spectacle, l’ambiance du parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste était calme mais plein de vie et la musique a voyagé comme une brise d’été. En addition aux chansons du EP, elle a joué une chanson qu’elle a écrit qui s’appelle “Naufrage,” et une reprise de “Trente” de Karim Ouellet. Toutes les chansons de Karim Ouellet sont douces comme le soleil et évidemment, suivant sa mort, beaucoup d’artistes ont repris ses chansons cet été. Mais on ne se lasse jamais, alors la version d’Anne Painchaud était un ajout plaisant.

L’EP La solitude des coeurs fanés est une compilation de cinq chansons. La solitude et les émotions internes sont un thème omnipresent. “Merci” est une exploration de la pensée ‘si je pouvais faire ça’, quand on se demande qui l’on est et que l’on doit vivre avec cette idée de nous-même. Quand j’ai rencontré Anne Painchaud la semaine après son spectacle, pour en savoir plus sur sa musique, elle m’a expliqué que “Merci” est comme un appel à l’acceptation et qu’il y a beaucoup de choses chez elle desquelles elle aimerait se débarrasser.

Ce qui suit, “Ma maison grise”, est aussi une question d’identité, cette fois-ci dans le contexte de la solitude. “C’est super simple,” explique-t-elle. “J’ai vécu toute seule pendant la pandémie et je l’ai trouvé vraiment difficile. J’étais quand même triste donc cette chanson-là est juste un espace de fatigue et déprime. Je l’ai écrit comme si la maison était devenu mon corps.”

La chanson qui est le titre du EP explore aussi la solitude mais avec plus de luminosité. “La maison grise” est plus la déprime alors que ““La solitude des coeurs fanés” est plus le fait d’être seule et indépendante,” dit-elle. “Je l’ai choisie pour le titre de l’album parce que ça englobe bien.” Le son est toujours sombre mais avec un soupçon de drame aussi. On a l’impression qu’on est en train de faire un transition et qu’il y a l’espoir de l’autre côté.

Cette émotion dans l’instrumentation et la voix est au coeur “Fin de Monde,” la chanson peut-être la plus ensoleillée sur l’album. Il y a une augmentation qui nous amène tranquillement dans les nuages. Par contre, le sujet est grave, écrit en réponse au changement climatique. Elle m’a expliqué qu’il y a plusieurs choses qui se sont passés au Québec qui l’ont frustrée, par exemple le projet du tunnel entre Québec et Lévis, l’exploitation des mines et du pétrole, et les problèmes liés à l’environment en général.

” J’aime beaucoup ce contraste,” dit-elle en réponse au mélange du sujet sombre et de l’ambiance douce. Elle a fait une comparaison à Les Colocs qui souvent avaient des paroles très tristes avec une mélodie très déjantée. Quand je lui ai demandé s’il y avait d’autres artistes qui l’inspiraient, elle a tout de suite répondu avec Patrick Watson. “Ses chansons ont quelque choses de très, très vaporeux, qui nous font nous sentir dans les nuages, et je m’inspire de cet atmosphère-là. J’adore écouter sa musique parce que ça me fait comme flotter un peu.”

Aussi sur l’EP est “Les oiseaux dorment la nuit”. “Un peu dans le même sens que “Merci”, c’est la jalousie de voir les autres. L’envie d’avoir quelqu’un, d’appartenir à quelque chose.” Elle a souligné la présence constante de l’amour dans la société, par exemple dans les publicités, dans les affiches avec des couples et des familles, les gens qui demandent quand est-ce que tu vas avoir des enfants, et dans les films. “C’est rare il n’y a pas une histoire avec l’amour” elle a expliqué. “C’est quelque chose qui est constamment dans le quotidien.” Par conséquent la chanson, qui a un air de drame et de désespoir, raconte ce besoin d’avoir quelqu’un. C’est la jalousie qu’on ressent et la notion qu’on est constamment parmi tout ça. 

Anne Painchaud fait de la musique depuis elle avait environ 13 ans. Sa mère l’a inscrite au cours de chant à 12 ans et peu après elle a commencé à écrire un peu. Elle a connu du succès dans plusieurs concours pendant son temps à l’école et au cégep. La création de La solitude des coeurs fanés était la première fois qu’elle travaillait en compagnie d’autres musiciens connus. Par exemple, Pierre-Emmanuel Beaudoin (batterie), Cédric Martel (basse), et Benoît “Shampouing” Villeneuve (les arrangements et la réalisation) qui ont collaboré avec des artistes dont Hubert Lenoir et Ariane Roy. 

Utiliser le Festival OFF comme lancement pour l’EP a bien fonctionné parce que, comme elle l’a expliqué, “C’est une belle vitrine de faire un spectacle devant les gens qui ne connaissent pas. C’est sûre que mes amis et ma famille étaient là mais les gens qui étaient là qui ne connaissaient pas, ça ouvre plus de portes. C’est également une vitrine pour les gens qui travaillent dans le milieu culturel.”

Et voilà! Pour accéder la musique et en savoir plus, visitez ce lien.