
C’était juin 2019 et mon premier jour à Montreal/ au Québec (/au Canada). Je n’avais pas encore une grande connaissance de la musique québécoise mais je suis arrivée pendant les Francos de Montréal parce que je croyais que c’était la meilleure introduction. C’était l’après-midi et je traversais le Quartier des Spectacles en route au metro mais je me suis arrêté parce que j’étais hypnotisée par les gens sur la scène en train de répéter. Je pensais que c’était un groupe puis une femme les a rejoint et il y avait plus d’une énergie contagieuse. Après un peu de temps, ils répétaient la même phrase encore et encore (‘J’t’un peu perdu, mais il y a Facebook/ pour me rappeler qu’y pleut dehors’). Je suis partie, leur voix un écho pendant que j’entrais dans le métro.
Ce soir-là, j’ai décidé de voir Émile Bilodeau sur la grande scène même si je n’étais pas trop sûre qui il était. Pourtant, c’était évident tout de suite que c’était le gars de plus tôt et quand Sara Dufour est montée sur scène et ils chantaient “Dehors” ensemble, je me sentais un peu de fierté que je les ai vus la perfectionner plus tôt la journée.
Pendant ce spectacle, je n’avais pas une bonne vue mais j’étais parmi l’action avec les adolescents qui chantaient trop fort autour de moi. Je n’avais pas compris les paroles mais j’ai compris ‘et j’ai dit, non, ça va, je vais marcher, je vais marcher’ et je les ai chanté avec une sourire.
Émile Bilodeau, je veux te dire que tu as été une figure marquante de mon expérience québécoise.
J’ai aimé tes paroles parce qu’ils sont comme des conversations et elles m’ont donné un introduction de la vie quotidien.
Ta chanson “J’en ai plein mon cass” est devenue une grande partie des feux de camp pendant mon automne à Mont-Tremblant (2019) quand les locaux cool l’ont chanté plusieurs fois avec une guitare acoustique et beaucoup de bières.
Ta p’tite série Une bière et un Bill m’a rendue contente au debut de la pandémie parce que tu as parlé avec des artistes qui je connaissais (et dans certains cas adoré) et c’était cool d’entendre vos conversations pendant une période d’isolement plate.
Quand j’ai raté à ma vie et je ne pourrais pas immigrer au Québec (2021), je suis retournée en Angleterre et tes albums ont été inclus dans la musique pour mon coeur brisé, remplie de nostalgie. Évidemment, j’ai continué à te suivre ton travaille et j’adore que tu es fier d’être québécois et que tu veux promouvoir la culture et la diversité.
Juin 2022 et je suis à Montréal encore, ce fois-ci comme ‘visiteuse’ (jamais une touriste). L’après-midi du jour de ton spectacle (lundi 15), j’ai traversé le Quartier de Spectacles sans l’intention de te voir répéter mais voilà: tu était là, énergique comme d’habitude. Je me suis assise et j’ai regardé un peu parce que j’avais l’impression que c’est maintenant de tradition de regarder ta répétition pour les Francos de Montréal.
Le soir (après Lysandre sur une autre scène) j’ai voulu voir Maryline Léonard et, grâce à ça, j’étais tôt pour ton spectacle et j’avais une bonne vue. Alors que la fois précédente j’étais loin dans la foule, cette fois-ci j’étais la plus proche (aux barrières).
Alors que la fois précédente mon français était extrêmement sous-développé, cette fois-ci je pourrais chanter avec plus d’aisance. Cette fois-ci j’ai mieux compris.
Émile Bilodeau, je veux te dire que ton spectacle aux Francos de Montréal 2022 était vraiment spécial.
Si tu es quelqu’un qui représente le Québec (pour moi en tout cas), tes collaborations avec des artistes autochtones ont plus d’importance parce que c’est une partie de la culture qui a besoin de plus de reconnaissance (et pour le faire pendant un spectacle gratuit avec une variété des personnes, telles que les fans, les intéressés et les passants, dans le public était un bon move). Si j’étais une autrice-compositrice-interprète québécoise je ferais la même chose et collaborer pour partager les histoires parce que cette façon de découvrir et de partager est la puissance et la beauté de la musique en général.


Dans le spectacle tu as créé une proximité qui m’a fait chaud au coeur et les invités sur scène étaient tes amis donc c’était naturel. J’aime que tu aies nous encouragé à chanter en innu même si peut-être on n’avais pas tous compris les mots et j’aime l’énergie que tu et tes amis (particulièrement Maten) ont transmise à la foule pour créer un sentiment de communauté, par exemple avec la version de la chanson “Ekuen Pua.”
J’aime que tu aies aidé à ouvrir nos esprits s’ils n’étaient pas déjà ouverts. Pour moi, c’était aussi une meilleure introduction à l’artiste Laura Niquay et sa langue atikamekw.


Vendredi dernier quand j’ai entendu “Tshe Minupunanu,” la nouvelle chanson écrit avec Scott-Pien Picard et Maten, ça m’a fait sourire tout de suite parce que c’est très Émile Bilodeau avec les observations directes de la vie et tu inclus les autres musiciens d’une manière très réelle.
J’t’à Maliotenam, y fait chaud dans cabane
J’t’avec Scott pis il me parle de son spot
Y’a gentiment accepté de le chanter avec moé
Ici, les visages font partie du paysage
Y’a des milliers d’Innus prêts à chiller un peu partout
À soir, le grand Scott-Pien Picard va nous chanter des histoires sur son territoire
Tshe minupunanu! Y fait beau pi c’est calme à Mani-Utenam
Hey tshe pushukatitinan
Ni minuenitenan minuat e uapamitat
Hey tshe pushukatitinan
Tshe takushinin mamu tshe nakumiak
Hey tshe pushukatitinan
Ni minuenitenan katshi mupeshtuiat
À mon avis, le spectacle était comme cette chanson (l’ambience du spectacle et de la chanson étant douce aussi).
Donc Émile Bilodeau, je veux te dire que si ta music représente les périodes récentes dans ma vie (je suis anglaise d’Angleterre et je ne sais pas pourquoi mais mon coeur se sent plus attaché au Québec), ce spectacle était peut-être le debut d’une période où je deviens plus curieuse et sage.
Si c’est le cas pour moi, j’espère vraiment que c’est le cas pour d’autres (notamment les locaux/ citoyens) aussi.

